J’arrive bientôt à la fin d’un cycle de ma vie et je me rends compte avec joie que mes émotions de jeunesse ne se sont pas éteintes.

J’imagine encore, en ce début d’hiver, l’âme de ce peintre et l’âme de ce poète se rencontrant sur les toits enneigés de Paris au XIX siècle.

 

toits enneigés de Caillebotte

 

Je veux, pour composer chastement mes églogues,
Coucher auprès du ciel, comme les astrologues,
Et, voisin des clochers écouter en rêvant
Leurs hymnes solennels emportés par le vent.
Les deux mains au menton, du haut de ma mansarde,
Je verrai l’atelier qui chante et qui bavarde ;
Les tuyaux, les clochers, ces mâts de la cité,
Et les grands ciels qui font rêver d’éternité.

II est doux, à travers les brumes, de voir naître
L’étoile dans l’azur, la lampe à la fenêtre
Les fleuves de charbon monter au firmament
Et la lune verser son pâle enchantement.
Je verrai les printemps, les étés, les automnes ;
Et quand viendra l’hiver aux neiges monotones,
Je fermerai partout portières et volets
Pour bâtir dans la nuit mes féeriques palais.
Alors je rêverai des horizons bleuâtres,
Des jardins, des jets d’eau pleurant dans les albâtres,
Des baisers, des oiseaux chantant soir et matin,
Et tout ce que l’Idylle a de plus enfantin.
L’Emeute, tempêtant vainement à ma vitre,
Ne fera pas lever mon front de mon pupitre ;
Car je serai plongé dans cette volupté
D’évoquer le Printemps avec ma volonté,
De tirer un soleil de mon cœur, et de faire
De mes pensers brûlants une tiède atmosphère.

 

 

 

14 réponses à Les toits du peintre et du poète

  • Livia dit :

    Bonjour Blanche,
    Comme toi, je suis ravie de pouvoir aussi compter sur ces extraordinaires émotions de jeunesse.
    Le tableau est très beau, merci de me faire découvrir ce peintre, quand au poète, dont tu ne mentionne pas le nom, cela pourrait-il être Victor Hugo ? Qu’importe, il est très beau!
    Amicalement

    • Blanche dit :

      Bonjour Livia,
      Le poème est de Baudelaire, mais il aurait pu être de Victor Hugo que j’aime beaucoup et qui fait partie de mes émotions de jeunesse !
      Bonne journée
      Amicalement
      Blanche

  • Renée dit :

    Un très joli poème le tableau est très réaliste on aurait presque froid en le regardant. Bises

    • Blanche dit :

      Bonsoir Renée,
      le poème est de Charles Baudelaire et le tableau de Gustave Caillebotte ; il est au musée D’Orsay à Paris. Je l’aime beaucoup.
      Bisous
      Blanche

  • Philippe dit :

    Il est dit que la peinture est une poésie silencieuse et que la poésie est une peinture qui parle, la philosophie ne devrait rien tenter que la poésie…
    Tout est connecté dans l’harmonie hivernale, le temps passe, la sensibilité à la beauté demeure.
    Merci Blanche,Bises.
    Philippe.

    • Blanche dit :

      Bonsoir Philippe,
      Quand j’ai lu le poème de Baudelaire, j’ai tout de suite revu en mémoire ce tableau de Gustave Caillebotte que j’avais admiré au musée d’Orsay, tellement ils se ressemblaient ! La poésie et l’art se sont rejoints sur les toits de Paris !
      Bisous
      Blanche

  • Couleur-Parenthèse dit :

    Coucou Banche! Très beau les deux ,semblables regard du dedans au dehors et inversement comme une source qui ne tarit jamais!
    Le tableau m’évoque les toiles d’ Utrillo et le texte à Théophile Gauthier .
    Joli week-end à toi Blanche! Sous la neige et e froid chez nous encore! Je t’embrasse fort et merci de ton gentil com.

    • Blanche dit :

      Bonjour Laure,
      Ces deux émotions hivernales qui se ressemblent, comme tu dis, du dedans au dehors, sont de Gustave Caillebotte et de Charles Baudelaire.
      Que la beauté de la neige qui embellit ton paysage continue de t’inspirer !
      Bises
      Blanche

  • alain dit :

    Bonjour Blanche,
    J’aime le parallèle où les deux arts concourent à cette douce magie et à cette poésie uniques.
    Quant aux émotions de jeunesse, je pense qu’elles sont toujours là, quelque part en nous. Les années passent, mais une présence demeure.
    Bisous et beau dimanche
    Alain

    • Blanche dit :

      Bonsoir Alain,
      Je ne pense pas que Charles Baudelaire et Gustave Caillebotte se soient rencontrés, mais Gustave Caillebotte a peut-être lu les poèmes de Baudelaire ? On ne le saura jamais et cela restera, comme tu le dis, une douce magie de contempler et de lire deux œuvres se ressemblant si étrangement !
      Bisous
      Blanche

  • alain dit :

    Petit coucou en passant pour te souhaiter un beau dimanche. Après les gelées, le temps s’est radouci.
    Bisous
    Alain

    • Blanche dit :

      Bonjour Alain,
      Ton petit coucou est sympathique ! Ce dimanche est gris et maussade et je reste bien au chaud en regrettant le froid sec qui m’a permis de marcher les jours précédents sous le ciel bleu et de voir des ciels étoilés splendides où j’ai vu briller la belle planète Vénus qui se rapproche tous les jour de notre Terre jusqu’ à la fin de février !
      Bisous
      Blanche

  • Ce billet est un pur enchantement, Blanche !

    Je l’imagine bien, ce poète, les deux mains sur le menton du haut de sa mansarde, ce que je suis entrain d’imaginer surtout ce sont ses yeux ….Des yeux qui savent entrevoir toute la magie du quotidien !
    Ce tableau me rend heureuse, et les rêves de Baudelaire ….Merci, IMMENSE merci à tes émotions de jeunesse : Sabine

    • Blanche dit :

      Bonjour Sabine,
      Ton enchantement devant ce paysage parisien aussi poétique en vers qu’en peinture me fait vraiment plaisir ! La poésie nous permet de garder la jeunesse du cœur !
      Que la fin de ce dimanche d’hiver te soit douce
      Bisous
      Blanche

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